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PUBLICATIONS

En avril 2019 sort un livre dédié à mes photos : Impressions Contemporaines"

Toutes réflexions faites….

« Irene Doria évolue entre deux mondes artistiques ; la musique et l’image. D’abord chanteuse et chef de chœur, elle aborde par la suite le saxophone et ses accents veloutés, avant que la photographie ne capte son attention jusqu’à prendre une place décisive dans sa vie d’artiste. L’Italie qui l’a vue naître lui instillera sans doute ce goût pour l’art qui, dans ce beau pays suinte à portée de regard où que l’on soit. Née à Milan, Irene Doria est riche de ce patrimoine culturel omniprésent dont son pays abonde et dont elle est imprégnée ; elle pose sur le monde un regard bienveillant et déterminé, n’hésitant jamais à explorer une voie jusque-là inconnue et qui s’offre à sa curiosité. Du regard à la photographie il n’y a qu’un clic, qui lui ouvrira les portes d’un nouveau champ artistique où son talent trouvera rapidement une nouvelle éloquence. »…La volonté de figer une fraction de temps par un ‘instantané’, cet arrêt sur image du cours de la vie que la photographie permet, offrant à notre esprit l’illusion d’un instant d’éternité. Un leurre sans doute, mais dont on peut jouir poétiquement, via la palette oculaire de l’artiste. Cette palette, Irene Doria va l’explorer dans le reflet irisé non pas d’un miroir, mais d’un plan d’eau, d’un canal, d’une rivière ou d’une humble flaque que la pluie a laissé derrière elle et que le vent fait frémir. L’eau est le vecteur de son inspiration, médium indispensable dans lequel elle capte ces images tremblées qui ne cessent de s’animer sous notre regard. Irene Doria ne photographie pas un sujet frontalement ; elle le capte par le détour de sa réflexion aqueuse, frémissante d’un vibrato toujours perceptible. Paysages, silhouettes éthérées, maisons lacustres ou abstractions liquéfiées exsudent de ses eaux amniotiques pour aboutir sous nos yeux en de poétiques visions qui invitent le spectateur à la rêverie. A l’évidente réalité d’une image, Irene Doria nous offre en opposition son envers chargé d’évocation suggestive. Eternel éphémère, pour toujours inversé dans une fragilité ténue que l’artiste a su saisir en triomphant des aléas du hasard. Dans un monde durement matérialiste, elle ouvre une fenêtre sur un univers sensible et instable où par la simple grâce d’un reflet fugace, elle amortit la brutalité de notre environnement. L’éloquence de l’indicible face à un quotidien têtu et prosaïque. Irene Doria exploite un double paradoxe ; d’une part en contournant le sujet original pour lui préférer son chatoiement aquatique, mais aussi sans trucage puisqu’elle saisit le sujet voulu dans sa fulgurance, sans procédé autre que son œil de photographe. Sa créativité nous invite à ‘une lecture en miroir’ du monde qui nous entoure, explorant une réalité fuyante que ses clichés ont néanmoins saisis au vol dans leur vérité relative. De l’antique ‘Camera obscura’ jusqu’à la photographie moderne, les artistes ont toujours tenté de fixer un sujet, d’abord servilement puis plus librement avec tous les effets possibles que propose la photo. Si les peintres ont utilisé la photographie pour réaliser certaines de leurs œuvres, Irene Doria inverse le processus pour nous donner avec ses photos une nouvelle picturalité, figurative ou abstraite avec ses anamorphoses aquatiques et dont la seule clé est notre regard.

Jean Palermo, Lyon, 10 Mars 2019. Préface du livre « Impressions Contemporaines »

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